Alors que le débat sur le budget 2026 fait rage, une mesure fiscale majeure attire l’attention des entreprises et des particuliers : l’évolution de la Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d’Électricité (TICFE), désormais intégrée dans le cadre de l’accise sur l’électricité. Cette réforme, prévue pour 2026, promet de redéfinir le paysage énergétique français avec des implications directes sur les factures d’électricité.
La TICFE Devient l’Accise sur l’Électricité
Depuis janvier 2022, la TICFE a été renommée « accise sur l’électricité » dans le cadre d’une refonte fiscale majeure. Cette évolution vise à clarifier le dispositif fiscal, l’aligner sur les normes européennes et assurer une répartition plus équitable de la taxation. Tous les consommateurs, particuliers et professionnels, sont désormais concernés sans distinction de puissance.
Évolution des Tarifs en 2025-2026
Les tarifs de l’accise sur l’électricité ont connu plusieurs ajustements en 2025, avec des perspectives importantes pour 2026 :
À partir du 1er août 2025 :
- Ménages et assimilés (<36 kVA) : 29,98 €/MWh
- PME (36 à 250 kVA) : 25,79 €/MWh
- Haute puissance (>250 kVA) : 25,79 €/MWh
Prévu pour 2026 :
- Ménages et assimilés : 24,69 €/MWh
- Entreprises et assimilées : 20,42 €/MWh
Cette évolution marque une diminution par rapport aux prévisions initiales, grâce à un amendement voté par le Sénat en novembre 2025 qui prévoit une réduction de 3 €/MWh pour les particuliers et 0,42 €/MWh pour les entreprises.
Impact sur les Factures d’Électricité
L’évolution de l’accise sur l’électricité aura des répercussions directes sur les factures des consommateurs :
Pour les particuliers :
Les projections indiquent une augmentation moyenne de 150 à 250 € par an sur la facture d’électricité en 2026. Cette hausse s’explique principalement par la fin du bouclier tarifaire ARENH et l’augmentation des obligations liées aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).
Pour les entreprises :
L’impact peut être plus significatif, avec des augmentations potentielles de plusieurs centaines d’euros à plus de 1 000 € par an selon la taille et le profil de consommation. Les entreprises fortement dépendantes de l’électricité devront anticiper ces évolutions dans leur budget énergétique.
Mesures de Compensation et Exonérations
Le système fiscal prévoit des mécanismes pour atténuer l’impact sur les acteurs économiques les plus vulnérables :
Pour les entreprises électro-intensives :
Une grille tarifaire simplifiée sera mise en place dès janvier 2026 :
- 0,5 à 2,25% d’intensité énergétique : 7,5 €/MWh
- 2,25 à 6,75% : 5 €/MWh
- 6,75 à 13,5% : 2 €/MWh
- Plus de 13,5% : 0,5 €/MWh
Exonérations possibles :
Certaines entreprises peuvent prétendre à des exonérations totales ou partielles dans les cas suivants :
- Utilisation de l’électricité dans des procédés métallurgiques ou chimiques
- L’électricité représente plus de 50% des coûts de production
- Activités industrielles spécifiques classées sous la nomenclature NACE
Perspectives 2027 et Au-Delà
Le Projet de Loi de Finances 2026 esquisse déjà les contours d’une évolution future :
- 2027 : Nouvelle baisse prévue avec 24,38 €/MWh pour les ménages et 20,04 €/MWh pour les entreprises
- Compensations par une hausse progressive de l’accise sur le gaz
Cette approche progressive vise à maintenir l’équilibre budgétaire tout en soutenant la transition énergétique.
Recommandations pour les Consommateurs
Face à ces évolutions, plusieurs stratégies peuvent être adoptées :
- Anticipation budgétaire : Intégrer les hausses prévues dans les prévisions financières 2026
- Optimisation contractuelle : Revoir les clauses de révision des contrats d’énergie
- Valorisation des exonérations : Identifier et demander les dispositifs d’exonération applicables
- Efficiency énergétique : Investir dans des solutions de réduction de consommation
Conclusion : Un Équilibre à Préserver
La réforme de l’accise sur l’électricité pour 2026 représente un jalon important dans la transition énergétique française. Bien que les hausses tarifaires puissent inquiéter, elles s’inscrivent dans une logique de financement de la transition écologique et de lutte contre la précarité énergétique.
Les mesures de compensation et les dispositifs d’exonération montrent que le législateur cherche à préserver l’équilibre entre impératifs budgétaires et compétitivité économique. Pour les entreprises et particuliers, l’accompagnement par des experts devient essentiel pour naviguer dans ce nouveau paysage énergétique et optimiser leurs coûts.
L’année 2026 s’annonce donc charnière, où la maîtrise budgétaire et l’adaptation stratégique seront les clés pour tirer parti de ces évolutions réglementaires.
